Après avoir touché un plus haut à 1,4310 contre l’euro le 20 décembre 2007, le billet vert recule face à la monnaie unique autour de 1,4700. Les créations d’emplois en baisse au mois de décembre, l’indice ISM d’activité industrielle en forte baisse, les inquiétudes sur la santé du secteur immobilier et la hausse des matières premières en sont les causes principales. La première économie mondiale n’a créé que 18'000 emplois en décembre contre 118'000 en novembre, c’est le rythme de création le plus faible depuis août 2003, lorsque l’économie américaine se remettait du cyclone Katrina. En moyenne, l’économie américaine a créé 111'000 emplois par mois en 2007, contre 189'000 en 2006. Le taux de chômage est reparti à la hausse, il s’élève désormais à 5% de la population active, touchant un plus haut depuis deux ans. L’indice ISM d’activité industrielle à 47,70%, sous la barre fatidique des 50%, qui montre une récession de l’économie. L’indice d’activité des services a quant à lui fléchi à 53,90% en décembre. Le compte-rendu de la réunion de la Fed du mois de décembre souligne certaines incertitudes inhabituelles qui pèsent actuellement sur les perspectives économiques, principalement la détérioration du marché des crédits, la Fed a indiqué qu’elle allait allouer 60 milliards de dollars au total lors de deux enchères prévues en janvier, soit plus que le montant débloqué la première fois en décembre 2007. La Fed a donc l’intention de mener ce type d’enchères aussi longtemps que cela sera nécessaire pour remédier aux pressions sur le marché des financements à court terme. Autre implication négative pour le billet vert, la hausse des matières premières : le baril de pétrole a finalement atteint les $100, alors que l’or a franchi un plus haut historique à $869.25 l’once. Tous ces facteurs indiquent que le débat de la Fed ne porte plus sur une baisse possible des taux d’intérêt lors de leur prochaine réunion le 30 janvier, mais sur son amplitude, 25 points ou 50 points de baisse ?
Cette semaine, l’attention du marché va se porter sur les déclarations et annonces de banques centrales. Principalement jeudi quand le président de la Fed, Ben Bernanke, va s’exprimer sur les vues économiques aux US, la banque centrale européenne et la banque d’Angleterre devraient laisser leurs taux directeurs inchangés à 4%, respectivement 5,50%.
Du point de vue technique, l’eur/usd est attendu en hausse à 1,4860 ou 1,4968 depuis les supports 1,4663-1,4609. Le usd/chf devrait chuter à 1,1020 ou 1,0938, les résistances sont à 1,1210 et 1,1273. Le gbp/usd est attendu en hausse à 1.9865 ou 1,9928 depuis la zone de support située à 1,9590. Le usd/jpy devrait chuter à 107,91 ou 106,82 depuis la zone de résistance située à 110,35.
Rami Boustany