Le marché semble avoir digéré la majeure partie des mauvaises nouvelles venant des Etats-Unis : l’économie américaine a perdu 17'000 postes hors secteur agricole au mois de janvier comparés aux 70'000 créations nettes d’emplois attendues, la Réserve fédérale a baissé son taux directeur de 50 points de base à 3% mercredi, l’activité industrielle aux Etats-Unis montre un rebond à 50.7% en janvier mais fait toujours du sur place, les dépenses des ménages ont fortement ralenti en décembre pour afficher leur rythme de progression le plus faible en 15 mois, et la croissance américaine à brutalement décéléré à 0,6% au dernier trimestre 2007. Les attentes du marché sont maintenant pour de nouvelles baisses des taux Outre-Atlantique avec pour objectif 2% d’ici cet été.
Dans la zone euro, l’indice des directeurs d’achat dans le secteur manufacturier en hausse à 52,8 et le taux d’inflation sur un an à 3,2% en janvier montrent la vigueur de l’économie européenne. Malgré la récente chute du moral des entreprises et des consommateurs et les pressions politiques en faveur d’une baisse des taux, notamment en provenance de la France, la banque centrale européenne devrait maintenir son taux directeur à 4% lors de sa réunion de jeudi. La BCE juge donc l’inflation sous contrôle et s’appuie sur sa mission première, « garantir la stabilité des prix ». Cependant, son président Jean-Claude Trichet devrait exprimer son inquiétude à propos de l’économie et souligner que la BCE est prête à agir, une façon de satisfaire les pressions politiques pour un tour de vis monétaire. Quand les signes d’une détérioration de l’économie seront devenus plus palpables dans la zone euro et, dans la foulée, les inquiétudes inflationnistes moins fortes, la BCE pourrait amorcer un virage vers une baisse des taux, situation attendue dès le deuxième trimestre 2008.
De l’autre côté de la Manche, la Banque d’Angleterre devrait réduire son taux directeur d’un quart de point à 5,25% lors de sa prochaine réunion monétaire de jeudi.
L’événement principal de cette fin de semaine est la réunion du G7. M. Juncker, en sa qualité de président de l’Eurogroupe, participera à la réunion des ministres des Finances du G7 à Tokyo. Il y exposera l’analyse de l’Eurogroupe sur la situation économique européenne et mondiale. La zone euro sera représentée à Tokyo par le président de l’Eurogroupe, le président de la Banque centrale européenne et le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia. La faiblesse du yen et du dollar, la hausse de l’euro, les dangers du « carry trade » et la crise du « subprime » devraient être les thèmes abordés.
Du point de vue technique, à moyen terme, l’eur/usd est toujours scotché entre 1,4950 et 1,4300, la cassure d’un de ces deux points devrait monter sa future tendance à moyen terme. Pour cette semaine, l’eur/usd est attendu en baisse au minimum à 1,4650 depuis 1,4875 ou 1,5095. Le usd/chf devrait trouver support à 1,0860 – 1,0810 pour rebondir à 1,0993 ou 1,1095. Semaine de tous les dangers pour le usd/jpy : les points 107,50 et 105,70 sont à surveiller et nous penchons pour une hausse violente si 105,70 tient. Un changement de tendance à moyen terme n’est pas à exclure. L’eur/chf est attendu en baisse à 1.5925 depuis la zone de résistance 1.6150-1,6220.
Nicolas Longchamp