Le dollar reste proche de son plus haut depuis près de deux mois de 1,3392 atteint face à l’euro vendredi après-midi, suite aux bons chiffres de l’emploi américain. Le rapport mensuel de l’emploi a fait état de 157'000 créations d’emplois en mai, alors que le marché tablait sur 135'000. La probabilité d’une récession aux Etats-Unis s’est donc estompée et une baisse des taux américains n’est plus d’actualité, en tout cas pas d’ici la fin de l’année. Cependant, bien que l’avis général du marché soit à nouveau positif dollar, ce dernier a de la peine à concrétiser les dernières données économiques meilleures que prévues sur la santé économique Outre-Atlantique. Les achats continus de certaines banques centrales d’eur/usd dans la zone 1,3400, pour des diversifications de réserves de changes, soutiennent la monnaie unique et limitent la hausse du dollar.
Après la cascade d’indicateurs économiques américains en fin de semaine dernière, c’est maintenant une série de réunions de banques centrales qui va influencer le marché des changes. La banque centrale européenne relèvera selon toute vraisemblance son directeur de 25 points de base à 4%. Les réunions plus tard dans la semaine en Angleterre, en Australie et en Nouvelle-Zélande devraient aboutir à un statu quo.
Les « carry trade » sont toujours et encore très demandés, l’euro a atteint un plus haut historique depuis sa création contre le yen au dessus de 164,30 yen, la livre sterling est au plus haut depuis plus de 15 ans contre le yen à 242,50 et le dollar australien a atteint 101,80 contre le yen. Cette tendance n’est pas près de s’inverser puisque l’appétit pour les monnaies à fort taux de rendement est toujours très présent. Par exemple, le real brésilien a atteint vendredi un plus haut depuis fin 2000, en progression de 12,47% par rapport au dollar cette année, après une hausse de 8.56% en 2006 et 14,4% en 2005. Même les deux orages sur la bourse de Shanghai ces derniers jours, les 6,50% de baisse le 30 mai suite à l’annonce de la Chine de tripler la taxe sur les transactions boursières, et les 8,30% de baisse hier, n’ont changé la bonne tenue des bourses mondiales. Le marché estime que ces mesures du gouvernement chinois ont pour but de freiner la bulle boursière en Chine.
En Suisse, le franc est toujours pénalisé par son taux de rendement bas, malgré les commentaires du président de la BNS qui affirme que la faiblesse de la devise helvétique « ne peut être que passagère » compte tenu de la bonne santé de l’économie et les mises en garde répétées de la BNS contre un brusque retournement du marché. Une hausse de taux jeudi prochain 14 juin de 50 points de base est attendue par la presque totalité du marché.
Du point de vue technique, si la zone de support 1,3380-1,3430 continue de tenir, l’eur/usd est attendu en hausse à 1,3780-1,3825. Une cassure inopinée de ce support pourrait l’entraîner au minimum à 1,3300 voire 1,3000. Le usd/chf est attendu en baisse à 1,1950 si la zone de résistance 1,2325-75 ne casse pas. L’eur/chf est attendu en baisse dans la zone 1,6300, ensuite il devrait reprendre sa tendance haussière au dessus de 1,6550. La hausse de l’eur/jpy devait s’essouffler à l’approche de 165,00, ensuite, il devrait entamer une correction baissière à 160.
Nicolas Longchamp