Suite à une période d’achat de dollars depuis le début du mois de mai, jusqu’à l’annonce des taux des banques centrales japonaise et suisse, les « carry trade » font leur grand retour. Le dollar avait pourtant entamé une belle reprise depuis près de deux mois, en hausse face à l’euro à 1,3264 depuis 1,3682 et face à la livre sterling à 1,9623 depuis 2,0132.
Le resserrement de la banque nationale suisse de 25 points de base à 2,50% jeudi passé avait été totalement anticipé et les déclarations des membres du directoire sont passées inaperçues. Le rythme de hausse des taux en Suisse ces prochains mois ne semble pas être assez agressif pour contrer la faiblesse actuelle de la monnaie helvétique. Nous attendons une nouvelle hausse de 25 points de base à 2,75% en septembre, suivie en décembre d’un autre tour de vis qui porterait la moyenne du corridor du Libor à trois mois à 3%. Ces deux hausses successives devraient maintenir le différentiel de taux avec la zone euro et les Etats-Unis. Le franc suisse devrait encore s’affaiblir, principalement contre l’euro ces prochaines semaines, il reste toujours l’otage des « carry trade », situation qui devrait se poursuivre jusqu’à l’automne.
La banque du Japon a décidé, à l’unanimité, de laisser son principal taux directeur à 0,50% confirmant les attentes du marché. Le yen subit des ventes massives, miné par la faiblesse des taux d’intérêt au Japon, il a atteint un plus bas historique depuis la création de l’euro à 165,55. Cette situation devrait perdurer puisque ni le ministère de Finances, ni la banque du Japon ne semblent vouloir agir pour enrayer la faiblesse du yen, qui n’a pas eu, pour l’instant, un impact négatif sur l’économie. De plus, les Etats-Unis se concentrant sur le yuan chinois, la faiblesse du yen ne paraît pas les préoccuper. Du côté de l’Europe, les autorités sont impuissantes à enrayer cette tendance. Tous ces facteurs incitent le marché à pousser la devise du pays du soleil levant à la baisse.
Le seul pays qui agit pour limiter l’impact des « carry trade » sur leur monnaie locale est la Nouvelle-Zélande qui est à nouveau intervenue hier. Les autres pays qui ont des monnaies à taux de rendement élevés comme l’Angleterre, l’Australie, la zone euro, le Brésil ou la Turquie, ne semblent pas être inquiets de cette situation.
Du point de vue technique, l’eur/usd devrait consolider entre 1,3220 et 1,3480 pour un certain temps. La cassure d’un de ces points devrait nous aider à déterminer la future tendance à moyen terme. Le usd/chf devrait rester entre 1,2295 et 1,2530 pour un certain temps. La cassure de 1,9783 devrait aider le gbp/usd à tester au minimum 2,0075. Par contre, une cassure 1,9651 devrait le faire chuter jusqu’au minimum à 1,9450. Le usd/jpy est attendu en hausse à 123,80-124,20, ensuite il devrait corriger à 120,90-40. L’eur/jpy arrive dans une zone dangereuse à 166. Si cette zone résiste, une correction importante est attendue. En cas de cassure claire, il pourrait tester 169.
Nicolas Longchamp