Les chiffres du chômage aux Etats-Unis vendredi passé ont été un choc pour le marché. Des créations d’emplois négatives est quelque chose de très difficilement imaginable, c'est pourtant ce qui s’est passé vendredi puisque les Etats-Unis ont annoncé avoir perdus 4'000 emplois durant la période d’août. La sanction du marché a été immédiate, le dollar ayant chuté de 100 points contre l’euro, à 1.3780. La chute du billet vert contre le yen a été encore plus marquée, passant de 115.30 à 113.20. L’impact de la crise du crédit immobilier à risque sur l’économie réelle américaine est donc considérable, les prochains chiffres économiques à paraître, comme les ventes de détails, la production industrielle et l’indice du Michigan vendredi sont d’une importance capitale. Une baisse des taux de la Réserve fédérale américaine de 25 points de base lors de leur prochaine réunion le 18 septembre semble acquise, certains prédisant même une baisse de 50 points de base. L’ancien président de la Fed, Alan Greenspan, a même déclaré que les turbulences qui affectent actuellement les marchés financiers sont très similaires à celles observées en 1987 et 1998, lorsque certains fonds d’investissements spéculatifs ont frôlé l’effondrement.
Plus tôt dans la semaine, la banque centrale européenne a respecté les attentes du marché, laissant son taux directeur inchangé à 4%. Lors du discours qui a suivi l’annonce, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a renoncé à utiliser le terme « forte vigilance » ; il a toutefois déclaré qu’il allait surveiller de près l’évolution des marchés financiers. Du côté d’Outre-manche, la banque d’Angleterre a elle aussi opté pour un statu quo à 5.75%. Le comité de politique monétaire anglais a surpris le marché en publiant un communiqué précisant qu’elle était aussi attentive à l’évolution des marchés financiers.
Nicolas Longchamp